Interview Bromure, Oi! Paris

bromure1

Comment le groupe a débuté et comment avez-vous choisi le nom ?

Alex (saxo) : On a refait un groupe parce que ça nous manquait de ne plus jouer ensemble, après Maraboots on était tous la larme à l’œil (rire)

Wattie (chant) : C’est ça, on avait tous comme un bloc de glace à la place du cœur (rire général, c’est une référence à une chanson de bromure, NDR). Nico, Alex et moi on est le restant de Maraboots

Alex : Je faisais la basse à la base mais on a vite abandonné l’idée, c’était vraiment trop hardcore

Nico (batterie) : Du coup on a demandé à notre petite sœur Nina de nous rejoindre.

Alex : On a toujours été très proche d’elle avec Maraboots, qui était plus proche à part Nina…

Wattie : En fait on avait envie de rejouer ensemble… Pour ma part je joue dans d’autres groupes et Maraboots c’est le seul groupe où il y a cette véritable osmose, y’a jamais de prise de tête, c’est super cool, pour composer c’est agréable, on se marre bien, et la personne la plus proche de tout ça depuis des années c’est Nina, donc voilà, ça tombait sous le sens.

Nico : Après fallait trouver un nom, donc on avait un délire avec Dédé La Saumure, c’est parti sur des délires de Bromure 44 parce que 44 comme DD, et finalement comme c’était ridicule parce qu’on vient pas de Nantes…

Wattie : On a faillit s’appeler dos au mur aussi

Alex : Mais vu que c’était encore plus ridicule que Dédé La Saumure, on a fait une sorte de joyeux mélange et ça a donné Bromure.

Nico : Le bromure ça sert à plein de choses, ça traite l’épilepsie et les slips

Alex : Et puis personne sait le prononcer, donc ça nous fait marrer

Nico : et en espagnol ça fait « Broumouré » et Bromouré c’est bien stylé

Wattie, tu chantes aussi dans Lion’s Law et Rixe, qui sont aussi des groupes de oi mais dans des genres très différents, qu’est ce que t’apportent respectivement chacun de ces groupes ?

Wattie : Bromure c’est plus mon truc à moi, c’est moi qui compose, c’est moi qui écrit les chansons, ce qui n’est pas le cas ni dans Rixe ni dans Lion’s Law, où je ne fais que l’interprétation. Donc autant se mettre mieux ! Ça me manquait aussi de faire mon propre truc tu vois, n’ayant pas trop de liberté dans Rixe ou Lion’s Law.

Nico : Quand Wattie a proposé de faire un autre groupe suite à Maraboots, le premier truc qu’il m’a dit c’est ça, que ça lui manquait qu’on compose tous ensemble, et qu’il puisse s’exprimer un petit peu.

Donc maintenant c’est pour Nina et Alex, vous avez des goûts musicaux assez éloignés de la oi, est ce que vous pouvez m’en parler et me dire pourquoi vous jouez dans un groupe comme Bromure, alors qu’au final c’est pas du tout ce que vous écoutez ?

Nina (basse) : C’est vrai que moi j’ai commencé en étant punk, après je me suis rapidement tournée vers la oi, j’étais bien chelsea lookée tout ça j’écoutais beaucoup de oi, c’est comme ça que j’ai commencé à traîner avec les autres… Petit à petit j’ai commencé à m’ouvrir donc j’aime le punk le hardcore la new wave tout ça, mais après ça reste toujours la même chose, jouer avec mes meilleurs potes c’est juste parfait, et puis au fond j’aime toujours la oi…

Alex : Pour moi c’est complètement différent parce que je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe avec Maraboots, j’ai rencontré tout le monde et ça m’a ouvert des portes de ouf dans le milieu de la oi, dans toute la bande de potes qu’on a maintenant , on s’est toujours bien entendus et on est restés plus potes que juste des mecs qui jouent dans un groupe… Moi j’écoute des tas de choses, de la New Wave, beaucoup de trucs électroniques comme la minimal wave, synth wave je suis très hétéroclite… Et puis c’est pas vraiment pour ça que je fais un groupe, tu fais pas un groupe parce que c’est la musique que tu kiffes au final, c’est plus le fait d’être avec Nico Wattie et Nina, avec mes potes, composer, faire des tournées me marrer avec mes potes… C’est ce qui prend le pas sur la musique qu’on aime.

Wattie : Mais t’aime bien ce qu’on fait quand même.

Alex : Oui bien sûr que j’aime ce qu’on fait, c’est sûr j’écoute pas beaucoup de oi à la maison mais j’en écoute en oi voyage, c’est cool.

Wattie : T’as un petit côté punk quand même, t’aimes bien les sonorités punk.

Alex : Plusieurs fois je me dis ah c’est quoi ce truc là, je demande  à Wattie, ça me fait découvrir beaucoup de trucs que j’avais jamais découvert avant.

Nico : C’est comme ça qu’on arrive à écouter huit fois de suite skinhead on the rampage en oi voyage grâce à Alex.

Nina : Et que maintenant on écoute tous Night in June

Alex : Voilà donc l’échange est favorable à tous

bromure

Du coup est-ce que vous pensez influencer Bromure dans des sons différents ?

Alex : C’est déjà fait, y’aura une surprise. Y’a déjà une touche particulière à Bromure, mais là on va partir sur des reprises, je pense que ça va décaler un petit peu, toujours en restant très oi !

Nico : Oui y’a les gardiens du temple qui vont quand même veiller au grain.

Wattie : Le gardien du temple c’est Nico parce que même moi ça commence à me faire kiffer tous ces trucs là, du coup je suis pas contre, tout en restant oi… Déjà avec un saxophone y’a déjà toujours une sonorité un peu différente, mais ça me dérangerait pas qu’on mette du synthé ou ce genre de trucs à des moments. Après je fais confiance au gardien du temple aussi, il est là pour ça. On l’appelle comme ça parce qu’il a plus de 50 ans.

Nico tu joues aussi dans Survet Skin est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Nico : Charly de 8°6 m’a demandé de remplacer Lolo à la batterie, qui en avait marre de jouer de la oi ! et voulait se concentrer plus sur 8°6 crew. C’était un honneur incommensurable car évidemment je suis fan de Survet, et aussi une grosse source de stress. Je me rappelle la première fois qu’on a vu Survet en répète c’était avec Wattie, à Gennevilliers, dans leur local, on sautait sur place comme des petites puces parce qu’on voyait Survet en répète, donc se retrouver à jouer dedans.. C’est quand même la grosse pression, on a joué dans un festival à Montpellier et ça s’est très bien passé, ils sont contents donc je suis content. J’espère qu’on aura beaucoup de concerts avec Survet.

Et sinon c’est pas trop dur de chanter en faisant de la batterie ?

Nico : Si c’est dur. C’était déjà dur dans Maraboots quand je jouais sans chanter, même si j’hurlais un petit peu les paroles, parce que j’ai jamais appris vraiment à jouer de la batterie, et que je joue en décroisé, c’est hyper physique pour moi donc là chanter en jouant ça me vide les poumons deux fois plus vite. Mais c’est un coup à prendre et j’aime bien.

Wattie : Faut dire en fait qu’il a toujours chanté en jouant sauf qu’il avait pas de micro, donc là on lui a mis un micro (rire général) Avant il chantait dans le vide.

Nico : Oui parce qu’il faut savoir que j’aime les chansons qu’on joue, du coup je les chante aussi.

Alex : Pour moi c’est un peu plus difficile avec le saxo dans le bec

Nina : La voix de Nico ça apporte vraiment quelque chose, le fait qu’elle soit à la même hauteur que la voix de Wattie ça apporte quelque chose de vraiment nouveau par rapport à Maraboots, une bonne grosse voix bien puissante… On est très content nous en tout cas que Nico chante.

Nico : Oh faites-moi des bisous (Tout le monde se fait des bisous)

14680729_1776358362582127_6992093522683535593_n

Le  thème des chansons c’est assez parisien à l’ancienne, est-ce que c’est un choix délibéré ou est-ce que ça s’est fait naturellement ?

Alex : La plupart de nos chansons ça part d’une connerie donc comme toutes nos conneries se passent à Paris, au final

Nico : Oui bon ça part généralement d’une connerie, après on essaie de rehausser pour que ça parle vraiment de quelque chose, et effectivement on est parisien donc ça parle de notre ami Dédé…

Wattie : Je pense que tu dis ça pour notre reprise d’Aristide Bruant… En effet c’est un choix délibéré de faire un truc à l’ancienne, on aime bien tout ce qui est paris à l’ancienne, la Bastille, l’histoire de Paris tout ça… C’est pas uniquement sur ça mais on fait pas juste bottes et bretelles oioi…

Et donc pourquoi vous avez choisi de reprendre Aristide Bruant et cette chanson en particulier ?

Nico : Alors Aristide Brant c’est parce qu’à une époque on aimait bien écouter Aristide bruant, enfin surtout moi, surtout à la Bastoche et à La Roquette parce que la Roquette c’est notre quartier, c’est là où on traine, le quartier du Bastille skinhead Crew et vu qu’Aristide Bruant a chanté sur absolument tous les quartiers de Paris voire même toutes les rues de Paris… A la Roquette les paroles sont puissantes, on trouve que sans vouloir se lancer de fleurs c’est une reprise plutôt réussie, je sais pas ce que vous en pensez…

Alex : Ah oui grave

Wattie : Oui c’est bien de la mettre en oi ! ça rend bien

Vous avez fait une chanson sur les catas aussi, vous pouvez nous expliquer comment c’est venu ?

Nina : Nico je l’ai d’abord connu en temps que cataphile, et on est tous devenus fan de catas

Alex : Nico c’est la leyenda faut pas l’oublier (rire général)

Wattie : Quand j’ai rencontré Nico j’étais encore tout petit, il était déjà skin et il passait son temps dans les catas, du coup j’ai eut du mal à le faire sortir pour aller dans les concerts et tout, et après il nous a tous emmené, Nico c’est une vipère et la leyenda et du coup il connait tout

Nico : On a joué dans les catas aussi avec Maraboots.

Alex : En fait dès qu’on a un sujet qui nous est cher on essaie de le partager, et si on fait une chanson avec ben on se met bien quoi.

Nico : Moi ça faisait longtemps que je voulais écrire une chanson sur les catas. J’avais déjà écrit une reprise de Dans la boue de Lutece Borgia, sur les catas, qu’on a jamais fait du temps de Maraboots. Du coup ça m’a pris comme ça, j’ai écris les paroles parce que ça me tient à cœur évidemment, j’estime qu’elle est plutôt réussie, bon globalement nos chansons sont plutôt réussies (rires) C’est la seule chanson qu’on a publié pour l’instant avant la sortie de l’EP et ma foi on reçoit quand même des bons retours.

Précisons pour nos lecteurs qu’il existe sous Paris un réseau d’anciennes galeries, qui résulte de l’exploitation du calcaire sous Paris, il y a une infime partie de ce réseau qui est visitable ; c’est l’ossuaire municipal de Paris, le musée des Catacombes. Les 170 autres kilomètres de galerie sous Paris sont non visitables, interdits à la circulation, et c’est là dedans que je me plaît à aller qu’on se plaît à aller, depuis 17 ans maintenant, une histoire d’amour qui dure.  C’est un lieu particulier, dans lequel y’a pas de lumière, pas de son, une ambiance particulière avec ses légendes, son microcosme etc… Un endroit particulier qui méritait amplement une chanson, même si on est pas les premiers à le faire.

Vous avez fait un concert à Hambourg dès le troisième concert comment ça se fait et avez-vous eut un bon accueil de la part du public étranger ?

Nina : On a de la chance que les autres aient joué dans Maraboots, tout le monde était friand de voir leur nouveau groupe et leur faisait confiance, le fait aussi que Wattie joue aussi dans Rixe et Lion’s Law, on a des facilités.

Wattie : On a déjà tous les contacts qu’il faut, les gens auraient aimé d’après les retours une reformation de Maraboots, malheureusement on ne va pas se reformer, mais en gros on peut quand même considérer que ça aura plus ou moins le même son vu que c’est les même personnes. On essaie de faire un truc différent que du pur Maraboots mais bon les gens ce qu’ils aiment c’est de la oi ! française avec du saxo. Donc là ils ne sont pas déçus. C’est sûr c’est une chance de venir après, on a pas les même galères qu’un groupe qui débute totalement.

Du coup l’héritage de Maraboots c’est plus un avantage qu’un inconvénient ?

Nico : Oui comme disait Wattie c’est un avantage pour l’orga des concerts, et moi j’ai l’impression que les gens nous font confiance avant même de savoir ce qu’on joue, parce que pour l’instant ils ont pu écouter qu’un seul titre. Le seul désavantage c’est pour Nina.

Nina : C’est vrai que pour moi c’était un peu .. Je suis super contente de jouer avec mes meilleurs potes mais ils ont l’étiquette de Maraboots et moi j’aimerais bien qu’on s’en décolle un minimum parce que j’ai jamais joué dans Maraboots même si j’adore… C’est pas Maraboots c’est Bromure quoi.

Nico : On est d’accord.

Vous aviez pour projet de faire une cassette c’est toujours d’actualité ou pas ?

Wattie : Non je pense que la cassette on va laisser tomber. En fait les délais de production du 45 tour étaient longs, on a enregistré en mars 2016…

Nico : Une histoire d’un mec qui a oublié la pièce jointe dans son G mail, du coup on a pris un peu de retard

Wattie : On voulait sortir une cassette pour faire patienter parce que c’est un peu gênant de jouer dans des concerts sans rien avoir comme son à donner ou à vendre. Du coup on voulait avoir quelque chose et une cassette c’est rapide à faire, mais au final le 45 arrive prochainement, il nous reste un concert avant la sortie donc on se passera de faire la cassette.

Bon au niveau des projets de sortie, si tout va bien quand les gens liront l’interview le 45 sera sorti, est-ce que vous pensez faire un album, ou un autre EP…

Nico : On a déjà plein de nouveaux morceaux, y’a moyen de faire un 10 pouces.

Nina : J’ai vraiment hâte de les enregistrer, parce que ça fait plus d’un an qu’on a enregistré, donc on a vraiment hâte de faire écouter ces nouveaux morceaux, comme on en a pas mal on verra peut-être pour sortir un 10 pouces.

Wattie : Ouaih ce serait bien que la prochaine fois qu’on aille enregistrer ce soit en gros six titres, on aime bien ce format parce qu’on a bien aimé le dix pouces de Maraboots. Je pense que c’est bien entre un 45 et un album de sortir un dix pouces.

Nina : On a aussi beaucoup trainé et comme Wattie joue souvent, il est pas souvent là et que malgré tout on avance bien, on a quand même envie de partager rapidement nos morceaux, donc attendre un 45 puis encore un 45… Vu les disponibilités de tout le monde…

Merci, est-ce que vous avez quelque chose à rajouter ?

Nina : J’ai vraiment hâte que le 45 tours sorte, parce que j’ai envie de faire plein de concerts, pour moi c’est le premier groupe où je vois un futur certain, donc j’ai vraiment hâte de jouer et de partir en tournée comme on a déjà fait, avec mes meilleurs potes, pour moi c’est un super bonheur et c’est tout nouveau.

Nico : Chaque disque c’est une réalisation quand même et heu.. Bon alors là faut savoir que Wattie vient de remarque que le dossier d’une chaise en métal représente un soleil donc (cri général) OUAH MON SOLEIL.

Alex : Moi je suis pressé d’enregistrer la suite parce qu’il y a une vraie évolution dans ce qu’on a fait, c’est encore plus différent que le début, ça se sent qu’on a eut un petit peu de mal à se retrouver au départ, toutes les attaches qu’on avait avec Maraboots on pensait que tout était acquis, au final il nous a fallu un peu plus de temps pour se mettre en place, maintenant la machine est lancée, ça va vite, c’est cool.

Nico : Ce qui est cool aussi c’est qu’à Paris en ce moment il y a plein de nouveau groupes qui se forment, qui font vivre la scène parisienne aussi, on en fait partie et c’est tant mieux, depuis une dizaine d’années ça s’est jamais vraiment tari. Merci à toi pour cette interview.

(Général) Merciii Auréliiie  (Ils sont trop mignons, NDR)

Nico : et longue vie à Apatride

Voir la chronique de l’EP ICI

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *