Gérard Noiriel : Chocolat : La véritable histoire d’un homme sans nom

En mai 2007, l’historien Gérard Noiriel démissionne du comité scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, en réaction à la création d’un ministère associant immigration et identité nationale. Il crée alors un spectacle, Chocolat, inspiré des (fausses) Mémoires de Footit et Chocolat de Franc-Nohain. Ce spectacle ensuite est présenté devant un public associatif ou lycéen. Devant les réactions de ce public de banlieue, qui s’étonne de la passivité de Chocolat face à Footit qui le ridiculise, Noiriel collabore seize mois plus tard avec Marcel Bozonnet pour créer le spectacle définitif. La pièce s’accompagne d’une exposition, d’un film documentaire et d’un livre de Gérard Noiriel : Chocolat, clown nègre : l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française, paru en 2012.

Quelques années plus tard, Noiriel apprend le projet d’un film autobiographique autour de Chocolat, avec Omar Sy dans le rôle principal. Il décide alors de ressortir un nouvel ouvrage, plus approfondi, et enrichi des sources que des particuliers lui ont apportées suite à la parution du premier livre. Les interrogations des jeunes noirs sur le comportement de Chocolat lors des spectacles le poussent aussi à s’interroger sur la capacité de résistance de ce dernier, vivant dans une France du début du vingtième siècle, colonialiste et  raciste, et exerçant un métier jouant sur les clichés lié à l’homme noir.

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Car Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom n’est pas juste le destin tragique d’un ancien esclave qui tente avec toutes les difficultés du monde de survivre dans un monde qui lui est majoritairement hostile. C’est aussi le destin exceptionnel d’un artiste brillant, qui réussit à maintes reprises à utiliser la caricature de ses sketchs pour la retourner à son avantage. C’est aussi la relation ambigüe d’un homme avec son pays d’adoption, entre jalousie, mépris, respect et solidarité chez ses pairs circassiens, effacement de son identité et honneurs officiels de la part de l’Etat français, mais surtout une énorme popularité dans le public, qui le sauvera deux fois de la misère suite à un appel dans les médias. Ces derniers auront aussi une bienveillance très inégale vis-à-vis de Rafael (véritable prénom de Chocolat, qui n’aura jamais vraiment de nom de famille) : parfois dithyrambiques, parfois terriblement méprisants, retranscrivant ses propos dans un « petit nègre » dénué de fondement, la plupart du temps oscillants entre affection et paternalisme.

Au niveau de l’ouvrage en lui-même, je suis assez partagée. L’écriture est belle, la somme de travail colossale. L’auteur partage d’ailleurs son parcours de recherche en parallèle des faits relatés, évitant le bloc introductif et indigeste que les ouvrages historiques se sentent souvent obligés de nous faire subir. J’ai plus de mal avec l’utilisation de la fiction, qui donne vie à l’ouvrage et pallie le manque de sources, mais n’est pas toujours claire par rapport aux faits ; l’absence de notes de bas de pages contribue également à cette impression de méthodologie un peu légère. De même, je trouve très frustrant la description d’une dizaine de dessins ou photographies, sans que ces supports soient reproduits. Les détails sur l’environnement social et urbain de Rafael noient parfois un peu le récit.

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Ce qui est par contre appréciable, c’est le travail accompli autour de la perception qu’avaient les noirs de leur propre époque au moment des faits. Il est en effet difficile pour un universitaire blanc des années 2000 de se mettre dans la peau d’un homme noir, ancien esclave et circassien, de la fin du XIXème/ début du vingtième siècle. Gérard Noiriel se remet beaucoup en question, par l’intermédiaire d’un journal où il écrit à Rafael.

Pour ceux qui seraient tentés de comparer avec le film, j’ai personnellement trouvé que ce livre rend bien plus hommage et justice à son héros. Le film de Roschdy Zem ajoute des évènements n’ayant pas eut lieu (l’arrestation de Rafael par exemple), présente tous les sketchs de Footit et Chocolat comme une série de coups de pieds au cul envers le dernier alors qu’ils étaient bien plus que ça, et minimise les victoires de Rafael. On pense par exemple au fait que sa femme a divorcé pour lui (dans le film elle est veuve) ce qui était sacrément culoté à l’époque, (surtout une femme blanche rejoignant un homme noir) ; que Chocolat a continué après Footit et notamment pour imposer ses enfants adoptifs dans le monde du cirque, et qu’il est resté très populaire même après son déclin en tant que star du cirque, notamment auprès des enfants, sa générosité étant reconnue par tous. (SPOILER) Il n’est pas mort tout seul en tant que balayeur dans un cirque, mais en tant que clown, en tournée. Il a vécu des évènements très difficiles, a subi un racisme très dur, l’anecdote finale du livre qui justifie son titre est d’ailleurs glaçante, mais avait bien plus de ressources que le film ne le laisse entendre.

Libération a fait une interview très intéressante de Gérard Noiriel à l’occasion de la sortie du livre.

Le site dédié à Chocolat http://clown-chocolat.com/

Bayard 2016

Petit Pois Juillet 2017

Lisa Mandel : HP vol. 1 et 2

Lisa Mandel est une autrice française très originale. Son credo, c’est de décrire des fais réels avec une plume à la fois acerbe, tendre et drôle. Elle a fait une série de reportages sur la jungle de Calais qui sont exceptionnels, et tient actuellement un blog (qui va devenir un album) sur la présidentielle vue par les enfants qui est à pleurer de rire.

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Dans cet ouvrage elle s’attaque à un lourd mais beau sujet, la psychiatrie en France des années 60/70. Sa mère et son beau-père étaient infirmiers en psychiatrie, elle utilise donc leurs témoignages et ceux de deux amis à eux. Que dire… Je me plains souvent de mes conditions d’exercice, mais en fait on est dans le grand luxe ! L’HP à l’époque de « l’asile » qui occupe le premier tome, est d’un dénuement et d’une violence hallucinante. La seconde partie raconte l’arrivée des nouvelles méthodes, ce qui ne se fait pas sans heurts !

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Ce que j’apprécie dans l’écriture de Lisa Mandel, c’est qu’elle livre les choses sans fard. Elle n’épargne personne, elle ne blâme personne, elle expose avec simplicité l’horreur de certains faits, la poésie d’autres, la drôlerie de beaucoup… Les infirmiers peuvent faire preuve d’une grande humanité comme d’une bassesse sans nom, sans s’en rendre compte, racontant parfois naïvement des faits glacants. Le système de valeur de chacun tente de s’adapter dans un univers chaotique. En filigrane, l’histoire de la psychiatrie, son évolution, la nouvelle considération envers les malades. A lire, indispensable si vous êtes soignants, peut être angoissant si vous êtes patient.

L’association

Petit Pois Juillet 2017

Astuces véganes pour les fauchés et les économes

Nous vivons dans un monde où l’exploitation animale est présente partout, dans l’alimentation, les vêtements, les cosmétiques et les loisirs. Le développement d’un business végane permet toutefois un éventail de choix de plus en plus grand. Mais il est malheureusement limité aux gens qui ont les moyens. Aujourd’hui, j’ai enfin un salaire qui me permet d’en profiter ; mais j’ai gardé de nombreuses habitudes d’une époque où les études et le chômage plombaient sérieusement mon budget. Je profite donc de cet article pour les partager avec vous.

L’alimentation

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Il n’est pas plus onéreux de manger végétalien qu’omnivore, car la viande coûte cher. Votre budget va augmenter si vous achetez des plats tout prêts, des produits transformés et/ou biologiques.

Pensez à manger des légumineuses (lentilles, pois chiches…) : peu onéreuses elles sont riches en protéines, en fer, et plein d’autres choses excellentes pour la santé. Introduisez-les progressivement si vous n’avez pas l’habitude, sinon vous risquez de vous transformer en réserve de gaz. Les lentilles sous leur forme sèche sont rapides à faire, excellentes avec un oignon et une tomate en tranche et des clous de girofle. Les autres légumineuses sont plus lentes à cuire et nécessitent souvent un trempage, donc si vous êtes pressés pensez aux boites. Les salades de poix chiches en été, les galettes de lentilles en hiver, les lentilles corail au curry avec des patates au four, le houmous qui prend 2mn de préparation, vous avez beaucoup de plats délicieux possibles.

Pour les fruits et légumes frais, pensez au marché et aussi aux fins de marché, où on peut en récupérer énormément qui sont encore bons, et vont partir à la poubelle.

Ne mangez pas que des pâtes en vous disant que c’est rapide et pas cher. Les pommes de terres, les plats à base de riz, beaucoup de plats indiens et asiatiques sont très peu chers et éviterons une lassitude propice aux craquages. Ne lésinez pas sur les épices et les herbes aromatiques (un petit pot de ciboulette sur le balcon change la vie !).

Pensez aussi aux tartes et aux cakes : la farine ne coûte rien, c’est facile à faire et très peu cher.

Jetez un œil aux magasins asiatiques, qui regorgent de plats véganes bon marchés : nouilles, boites de viande végane, pâte à raviolis, plats et desserts surgelés. On n’est pas dans le top de l’écologie mais chacun fait ce qu’il peut avec ses moyens. Les sachets de nouilles instantanées des frères Thang  m’ont permis de tenir pas mal d’années de galère.

Pour la vitamine B12, privilégiez les ampoules en pharmacie, très peu chères, que vous pouvez même vous faire prescrire par votre médecin pour qu’elles soient remboursées. Ne plaisantez pas avec ça c’est très important !

Les cosmétiques

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Soyons honnêtes : les cosmétiques bio et véganes sont très chères. Voici quelques astuces :

-Pour la douche, achetez un savon d’Alep qui durera longtemps, et servira pour tout le corps. Une fois par semaine, faite un gommage à base d’huile et de sucre, ou de marc de café. Le premier est hydratant, le second tonifiant, oui vous pouvez faire tout le corps et non vous ne puerez pas le café froid ! Pour le shampoing un solide est la solution la plus économique, car cela dure plus longtemps (et c’est zéro déchet). Les cheveux secs pourront aussi faire des masques à l’huile d’Olive ou d’amande douce, c’est très efficace.

-Pour le rasage et l’épilation. Un épilateur est économe et totalement végane. Sinon rasoir + savon pour le corps. Pour la barbe, rasoir électrique ou le bon vieux blaireau (en synthétique) + savon. On pense à faire des gommages contre les poils incarnés. Si vous avez les moyens de vous payer une esthéticienne de temps à autre, l’épilation au fil est végane aussi.

– Pensez aux périodes de fête pour glisser un mot à vos proches sur les marques et les produits que vous aimez. Cela évitera des déconvenues et vous permettra de tenir une bonne partie de l’année. Je profite toujours de Noël pour suggérer un parfum ou des cosmétiques à mes proches, qui souvent se creusent la tête pour trouver un cadeau, et sont bien content d’avoir des suggestions.

Les vêtements

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Pas de soucis pour la laine et la fourrure, très facile à éviter et souvent chères (attention juste au col de fourrure sur les parkas, qui peut être moins chère véritable que synthétique). Le principal problème est celui des chaussures. Ne jetez pas vos anciennes chaussures en cuir, usez-les ou donnez-les. Pensez à la seconde main,  la fripe, à Emmaüs (pour toutes les fringues en général).

Pensez là aussi aux périodes de fête. Mon placard est à 50% constitué de cadeaux. En effet, un bon vêtement made in Europe coûtera plus cher mais durera des années (j’ai des Fred Perry impeccables qui ont dix ans) et sera un joli présent à suggérer. Ça sera plus écologique et plus respectueux des ouvriers qui les fabriquent, mieux payés en Europe (le Made in England et Made in France est souvent gage de qualité). Privilégiez une mode intemporelle, élégante, que des effets de mode passagers qui sont source d’achats inutiles et éphémères (et vous éviterez les photos honteuses dans quelques années).

Les cas de conscience des véganes pauvres

  • Les dons non véganes

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Lorsque vous devenez végétarien ou végétalien, on vous sort toujours l’argument de l’île déserte : si tu n’avais plus rien à manger, tu mangerais des animaux. Il est en effet difficile de faire la fine bouche face à des aliments gratuits quand on a faim. Pour autant, les choses ne sont pas si simples. A la fin de mes études d’infirmière, j’ai eu une période très difficile financièrement, et j’ai eut parfois faim. Un jour, je me suis retrouvée avec un plateau d’hôpital qui allait être jeté, avec un poisson pané. J’ai voulu le manger, mais dès la première bouchée je n’ai pas pu. J’étais si affamée et fatiguée que j’en tremblais. Mais j’ai juste mangé la panure. Il n’y a rien d’héroïque à cela, le poisson a été jeté ça ne l’a aidé en rien. Simplement, j’en étais incapable. J’ai par contre mangé sans cas de conscience majeur plein de sous-produits animaux (lait et œufs) que je pouvais récupérer.

Vous pouvez connaitre ce genre de soucis lors d’un cadeau de cosmétique ou de vêtement, si vous récupérez dans les bennes de supermarché, si vous êtes invités à manger… Votre choix à ce moment ne regarde que vous. Personne n’a le droit de vous juger. Avoir faim, vivre dans l’inconfort, penser sans cesse aux soucis d’argent est terriblement difficile, usant, et ceux qui ne vivent pas cela n’ont aucune légitimité à vous dire quoi faire. Des jours meilleurs viendront et si vous faites des écarts, c’est à votre corps défendant ; l’important est que vous gardiez votre but premier, faire du mieux que vous pouvez pour les animaux.

  • Les emplois non véganes

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Même raisonnement que précédemment. On n’a pas toujours le choix d’où on bosse ! Les emplois dans la restauration, l’élevage et la vente d’animaux sont très éprouvants quand vous êtes anti-spécistes. En attendant mieux, essayez de rendre cette épreuve utile : en témoignant, en évitant au maximum le gaspillage, en donnant quand vous pouvez, en suggérant des améliorations à votre boss, en essayant de sauver les animaux qui peuvent l’être.

Voilà, j’espère avoir pu vous aider, n’hésitez pas à témoigner dans les commentaires sur vos astuces ou votre ressenti ! Bon courage à tous les galériens, restons solidaires et forts !

Petit Pois Juillet 2017

J’ai testé le Naturalia Vegan

C’est une grande première en France : un magasin entièrement biologique ET vegan. Trois enseignes ont ouvert en même temps sur Paris. J’ai testé celle de la rue Merlin, dans le onzième arrondissement.

Ma référence en la matière était Un monde vegan, où je vais régulièrement pour faire mon stock de simili carnés et fromages végétaux. Ici c’est différent, le magasin est plus grand et propose tout ce qu’il faut pour des courses complètes, y compris légumes et fruits.

Les plus :

Quel bonheur d’acheter sans avoir à regarder les étiquettes !

Des bières et vins véganes à prix corrects, ce qui évite le casse-tête des vérifications pour ce genre de produit.

Un bon choix de yaourts végétaux.

Un grand choix de cosmétiques (mais qui douillent) et de protéines en poudre pour les sportifs.

L’accent mis sur les produits régionaux (par contre peu de produits français dans les fruits et légumes).

Des locaux spacieux et agréables.

Les moins :

Le prix. Bien évidemment qui dit magasin bio et parisien s’attend à un tarif conséquent mais j’ai un peu pâli en lisant 92 euros pour 21 produits… Après il y a un truc sympa c’est les promotions sur certains fruits et légumes, j’ai pu acheter deux melons et deux énormes tomates, français et  beaucoup moins cher que dans d’autres magasins ou marchés bio.

Le choix en matière de fromages et de similis carnés (on est proche d’un magasin bio classique à ce niveau).

L’aspect « chaîne » de l’enseigne.

Voici quelques produits qui méritent d’être mis en lumière au milieu de mes courses :

Les fromages

Comme dit plus haut, j’ai été un peu déçue par le choix. OK tous les fromages végétaux ne sont pas bio mais la délicieuse marque Happy manque sérieusement à l’appel (vous pouvez la retrouver entre autres, chez boutique vegan et Un monde vegan)

La vieille croûte

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Fromage à pâte molle et affinée, le goût « vieux fromage » est présent et ne fait pas du tout « vieille chaussette ratée » comme dans beaucoup de fromage végétaux. Très bon. La marque « la Petite frawmagerie » fabrique ses fromages à Clermont-Ferrand, leurs produits sont assez chers (autour de 6 euros le fromage) mais très intéressants nutritivement car crus, plein de différentes noix et de probiotiques.

Le Chouchou au noix

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Il porte bien son nom celui-là, il est vraiment top. Le goût de noix n’est pas trop présent, juste ce qu’il faut, avec le côté croquant, dans une pâte moelleuse et subtile, au bon goût fromager.

Faux-mage fumé Wheaty

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Le goût fumé et bon mais la texture pas terrible (c’est ce que je pense de la majorité des fromages véganes à pâte dure, en dehors de Vegusto). Je pense que ce sera très bon fondu sur des pommes de terre.

Le chocolat Ichoc

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Il y a pas mal de choix en matière de chocolat, j’ai pris cette marque qui est vraiment excellente surtout son chocolat blanc. C’est une gourmandise qui me manquait beaucoup et les alternatives ne m’avaient pas du tout satisfait jusqu’à ce que je découvre cette marque. En plus ils sont abordables (moins de deux euros la plaquette).

Les brosses à dent Lamazuna

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Personnellement j’utilise une brosse à dent en bambou mais mon mari n’accroche pas trop à l’aspect bois du manche. Je lui ai donc acheté  cette brosse à dent où on peut remplacer uniquement la tête (qui peut être récupérée et recyclée par la marque. Le manche est en bioplastique (à 70% végétal).

Les gâteaux

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Il y a beaucoup de choix. Le moulin du Pivert est une excellente marque de gâteaux qui font des biscuits véganes, bio et sans huile de palme (attention, toute leur gamme n’est pas végane). Les tartelettes les recettes de Céliane sont bonnes mais n’ont rien d’exceptionnel.

Voilà, Naturalia Vegan n’est pas non plus révolutionnaire mais reste une bonne initiative pour continuer à promouvoir le mode de vie végane.

Petit Pois Juin 2017

Suicide bord de mer n°4

Le retour ! On commence avec une interview de Wiki, un punk parisien qui s’implique dans de nombreuses activités (groupes, orga de concert…). Je comprends pas trop le point de vue qui consiste à dire que la scène était très active avant et plus maintenant, que les gens ne sont plus politisés. Perso j’ai jamais fait autant de concerts que ces deux dernières années, sûrement pas dans le même milieu mais qui reste punk/oi/underground ; de même politiquement un mouvement comme Nuit Debout, ou la montée en puissance des Blacks Blocks dans les manifs était inimaginable il y a quelques années. Et prôner l’unité quand toi-même tu vomis régulièrement sur tout ce qui n’est pas de Ménil, bref… Il est sûrement à cette épriode de crise qu’on a tous connu, entre les illusions adolescentes où la scène c’est tout beau tout rose, et l’acceptation de ses faiblesses et ses limites, il y a souvent un deuil assez douloureux. Bref, sortez de Ménil, ouvrez-vous aux autres et on fera plein de belles choses ensemble.

Ensuite une nouvelle « Le Marina’s Club » sur une soirée dans un club échangiste. Autant d’habitude j’aime les nouvelles d’Athalie, autant là j’ai pas accroché du tout, je me suis fortement ennuyée. Puis l’interview de Chambre froide un groupe de black metal aimables comme des portes de prisons.

Athalie retrouve la beauté de sa plume dans un article sur Koji Wakamatsu, un cinéaste japonais qui a fait de nombreux films subversifs, centrés sur la thématique du sexe et de l’oppression de la femme. Une présentation globale de son œuvre puis l’analyse de quelques films dressent un portrait assez complet et très intéressant.

La dernière interview est occupée par le groupe de punk Litige, qui semblent très sympathiques, c’est frais et joyeux. Pas vraiment les qualificatifs applicables à l’article qui cloture ce zine, à propos des mouvements d’extrême droite dans le black metal. Bien documenté, bien glauque, par contre dire « skinhead » pour désigner des boneheads c’est assez choquant dans un fanzine comme SBDM. Y’a aussi quelques chroniques par-çi par-là.Voilà toujours éclectique et original.

suicidebordemer@gmail.com

Petit Pois Juin 2017