BD Pénélope Bagieu : Culottées 1 et 2

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Les culottées c’est plusieurs destins de femmes en bande dessinées, quelques pages pour chacune d’entre elles ; à la base publiées sur Internet, on les retrouve ici dans deux ouvrages magnifiques, agrémentées de grandes illustrations colorées absolument superbes.

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Il y a peu de chance que je vous apprenne l’existence de ces livres par cette chronique, car le succès a été fulgurant. Mais j’ai tellement aimé cette lecture que je ne pouvais pas ne pas en parler. Je pense que les lecteurs de tous sexes aimeront ces histoires vraies drôles, touchantes ou révoltantes, où Pénélope Bagieu ajoute une touche personnelle qui humanise et rapproche des héroïnes, qu’elles soient nos contemporaines ou vivent il y a des siècles, qu’elles aient 16 ou 60 ans, et qui viennent des quatre coins du monde. Mais en tant que femme, je pense que la lecture est encore plus forte. On sort de ces livres avec la niaque, le sourire aux lèvres, l’envie de faire quelque chose de sa vie au regard de ces femmes qui ont souvent franchi des montagnes d’opposition, de mépris, de violence, ou simplement d’incrédulité. Un vrai plaisir de voir des femmes dont la vie riche et trépidante est mise en avant, et pas seulement celle de belles femmes blanches cis (et les belles femmes blanches montrent qu’elles ne sont pas qu’un physique). La majorité étaient inconnues pour moi, pourtant je m’intéresse beaucoup à l’Histoire, certaines parce qu’elles sont restées très discrètes malgré l’importance de leur contribution à l’humanité (il a fallu un gros travail de recherche à l’autrice) d’autres parce que leur destin a été effacé ou dévoyé par les historiens.

Un livre salutaire, à faire lire à toutes les jeunes filles (pas trop jeunes pour certaines histoires violentes) et à tout le monde en général.

Petit Pois avril 2017

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EP The Sultans : Luvly Wankers

Je ne me suis pas précipitée pour écouter ce disque, leur album précédent m’ayant laissé un souvenir sympathique mais pas impérissable. Ce fut une erreur de ma part car ce disque est bien au dessus, et se distingue également des groupes de oi ! actuels par son originalité.

On retrouve quatre titres en anglais, dont l’un ajoute le français et l’hongrois, « Luvly wankers », une belle chanson sur l’amitié. Les trois autres titres sortent des thématiques classiques, notamment la touchante « Shots of fun » pleine de nostalgie sur sa grand-mère hongroise, son jardin et sa palinka… Musicalement les quatre titres sont assez différents, avec une tonalité oi mélodique ; « scary Flight to Dublin » s’essaie même à de l’acoustique façon balade irlandaise mélé à la oi !

L’objet est joli, rien d’étonnant avec un dessin de Léonard et un graphisme de François Baron !

Primator crew/ Randale records

Petit Pois Avril 2017

2017 votez petit, votez gentil, votez Gimli

Programme de Gimli Lenain, candidat à la présidentielle 2017

Economie :

  • Suppression des métiers inutiles, c’est-à-dire métiers de la restauration/diététique car comme chacun le sait, on peut très bien se nourrir en mangeant des restes, un gâteau moisi dans la rue ou les crottes du chat. De même les métiers de la parfumerie seront interdits car se rouler dans un cadavre ou une crotte est l’assurance d’une senteur corporelle réussie.

International :

  • Accueil des réfugiés sans limite car accueillir des gens c’est super, oh mon dieu oui des nouveaux gens c’est super oh ouiiiiiii wouf wouf roulage sur le dos
  • Résolution des conflits internationaux par la technique du bâillement collectif, rien de mieux qu’un bâillement pour désamorcer un conflit et retrouver une bonne entente.
  • Coopération étroite avec l’Allemagne, pays des teckels, sauf avec ce connard de Rex qui se la pète beaucoup trop à la télé.

Famille :

  • Nous réapprendrons les bonnes manières aux enfants mal élevés. Désormais il sera obligatoire de se sentir les fesses en bonne et due forme, puis de se mettre sur le dos pour se faire gratter le ventre à chaque nouvelle rencontre. Les enfants devront également effectuer une danse de la joie au retour de leurs parents, ou lorsqu’on leur sert un repas.
  • La stérilisation au-delà de deux enfants sera obligatoire, y’a pas de raison que seuls les chiens se fassent couper les parties alors qu’ils sont plus gentils et moins nombreux que les humains.

Sécurité

  • Toute personne se baladant avec un manteau orné de fourrure, notamment de fourrure de chien ou de mes cousins les renards, sera écorchée vive pour faire des manteaux pour les chiens nus mexicains et chinois.
  • Tout terroriste devra regarder une photo de moi chaque matin afin de faire baisser sa haine et ainsi contribuer à sa déradicalisation.

Culture :

  • Les écoles devront passer « quatre bassets pour un danois » à chaque fête de Noël. Les enfants apprendront à lire sur le seigneur des anneaux.
  • La Marseillaise sera remplacée par « Gimli a man after midnight »
  • Toutes blagues discriminatoires du type « chien saucisse » ou « il a grandit sous une table » seront interdites.

Ecologie

  • Interdiction du chauffage dans les maisons ; les humains devront dormir avec leurs chiens pour avoir chaud
  • Les tests sur les animaux seront interdits, sauf sur ce connard de Rex qui se la pète beaucoup trop à la télé.

Santé

  • Les humains ayant un souci de santé lié à la sédentarité devront aller promener des chiens de refuge une fois par semaine.
  • La lutte contre les puces sera cause nationale 2018

Le petit marché végane de Pâques à la Recyclerie

Dimanche dernier nous sommes allés à la Recyclerie, une ancienne gare à porte de Clignancourt, où se tenait le marché végane de Pâques.

Nous avons commencé avec un brunch végane. Pour 22 euros nous avions différents pains et confitures à volonté, boissons chaudes à volonté, un plat principal avec plein de choses différentes vraiment délicieuses, et un dessert avec salade d’ananas, cookie et brownie. Je n’ai même pas pris pain et confiture car j’étais trop blindée, c’était vraiment excellent et sain. Il y avait beaucoup de monde, j’espère que ça a donné une bonne image de la cuisine végétale.

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Le lieu est vraiment super, il y a une grande salle de restauration avec un coin bibliothèque, une attention forte sur le recyclage, une belle déco en mode récup… A l’extérieur, le long de la petite ceinture, c’est aussi très joli. Il y a un poulailler, une serre aquaponique, et plein de plantes. C’est là que se tenait les stands du petit marché, avec des vêtements, cosmétiques, livres, pâtisseries, mais surtout plein de chocolat artisanal ! Comme tout produit non industriel, les prix étaient assez élevés mais la qualité au rendez-vous.

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Boutique La Pradelle

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Gateaux et chocolats par Jo and Nana Cakes

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Boutique 1944 art coffee shop

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Chocolatitudes (+ photo de couverture)

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Chocolats Linnolat

En face de la recyclerie il y a des jardins participatifs le long de la voie, avec plein de tables et chaises de jardin, ce qui permet d’aller pique-niquer ou prendre le soleil dans un lieu unique, accessible à tous, un vrai havre de paix dans Paris.

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Après nous nous sommes laissés porter par nos pas, jusqu’aux halles en passant par Montmartre… Une magnifique journée, avec en plus le plaisir de découvrir les nouvelles voies piétonnes sur berge qui ouvraient tout juste.

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Petit Pois, avril 2017

Jane Deuxard, Deloupy : Love Story à l’iranienne

Un couple de français part en Iran pour enquêter sur la vie amoureuse, pour recueillir des témoignages en bandes dessinées.

Le régime actuel se vante d’être plus progressiste ; les iraniens interrogés infirment complètement ce beau discours. Ce livre c’est d’abord une atmosphère générale, pesante, que ressentent les deux auteurs, qui sont là officiellement en touristes. C’est aussi une succession d’absurdités, où tellement de choses anodines en France sont interdites, jusqu’à avoir un chien. Un homme et une femme ne pouvant se fréquenter sans l’accord de la famille, dans le but d’un mariage, et les rapports charnels étant interdits avant, certains couples peuvent passer un an sans même pouvoir s’embrasser. Ceux qui font l’amour tremblent, la perte de virginité pouvant détruire la vie d’une femme non mariée ; beaucoup ont des rapports sexuels non complets, comme ce couple qui s’aime depuis huit ans… Tous rêvent de liberté, mais ont perdu leurs illusions dans l’écrasement des manifestations de 2009. Certains peuvent encore être arrétés du jour au lendemain pour une supposée participation à l’époque.

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L’amour tente de survivre dans une société dominée par les mariages arrangés, où l’argent compte plus que les sentiments, où les familles sont envahissantes et insidieuses, où le régime est partout, où chacun contrôle ses paroles. Les gens riches s’en sortent bien évidemment mieux, même si la réussite sociale demande souvent des compromis avec la liberté de parole.

Une lecture intéréssante, parfois belle, mais qui laisse un fort sentiment d’amertume.

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Petit Pois, Avril 2017

Véganes magazine Printemps-Ete 2017

L’édito annonce la couleur : on n’est pas face à un énième magazine « veggie » de recettes et astuces gentillettes. Véganes est une revue de réflexion où toutes les oppressions ne sont pas hiérarchisées mais combattues, pour la planète, les animaux et les humains. Rassurez-vous, on n’est pas non plus dans la revue élitiste et aride, Végane est un bel objet coloré, avec de superbes photos, une mise en page soignée, et des textes accessibles sur des sujets variés.

On retrouve différents textes de réflexion, sur comment vivre avec son véganisme, comment cohabiter avec les animaux, vivre un mode de vie plus naturel… Mais aussi de la pure information scientifique avec par exemple un texte sur la conscience de soi chez les fourmis (oui, elles l’ont et réussissent le test du miroir, je suis restée bouche bée devant cet article), ou sur l’impact de l’alimentation végétale sur le microbiote intestinal (avec des petites illustrations mignonnes). Egalement ludique, la présentation de la place du véganisme dans plusieurs villes : Ljublana, Strasbourg, Québec et Tokyo. Puis une interview d’Aymeric Caron, dont la réflexion sur l’écologie est intéréssante.

Les gourmands ne sont pas oubliés avec un gros dossier sur les fromages végétaux, avec des recettes et des photos qui font saliver.

Suit un magnifique dossier « générations véganes ». Il commence avec la présentation de trois familles véganes, les photos et les descriptions sont attendrissantes. On réfléchit ensuite sur comment enseigner le véganisme aux enfants. Point de bourrage de crâne, plutôt la reconnaissance d’une sensibilité naturelle envers les animaux que la société a tendance à inhiber avec l’âge. Ensuite l’interview d’une diététicienne végétalienne depuis 24 ans, plutôt axée sur les séniors avec nottament des conseils nutritionnels à leur égard, ce qui est rare. Plus loin, c’est l’autrice de « Bébé veggie » qui parlera des bienfaits de l’alimentation végétale chez les femmes enceintes et les enfants. Egalement, le portrait de Seba Johnson, 43 ans, végane de naissance et ancienne athlète olympique de ski alpin. Elle a très bien vécu sa différence à ce niveau dès l’enfance, beaucoup moins le racisme dans le milieu du ski en tant qu’afro-américaine.

En forme de contre-pied, un texte développe le point de vue d’une autrice qui refuse de faire des enfants, et explique l’intérêt environnemental à réduire son nombre de rejetons.

Un petit dossier lecture présente de nombreux livres au message végane destinés aux enfants. Ça donne envie ! Le dossier famille s’achève avec un chouette texte destiné aux ados véganes, que vous lirez avec l’accent québécois.

On retrouve ensuite une série d’articles qui m’ont absolument ravis puisqu’ils concilient histoire, anarchisme et droit des animaux, avec la présentation de pionniers de la pensée végane, qui est née dans le milieu anarchiste français du XIXème siècle ; quel plaisir de voir développé des théories libertaires dans un magazine grand public ! On y apprend aussi l’engagement très fort de Voltaire pour les animaux, passé sous silence car peu « glorieux » aux yeux des autres lettrés… Sa nouvelle « Le chapon et la poularde » est bouleversante…

Suit une série d’articles sur divers thèmes. Celui sur l’élevage des poissons est terrible. Il n’existe pas, à part peut-être pour la fourrure, de conditions de vie et d’abattage plus cruelles, sur des animaux sensibles et intelligents, dont l’absence de cordes vocales les fait considérer comme insensibles…

Un dossier livres ensuite, avec des articles basés sur des lectures ou de simples chroniques, de l’essai philosophique au livre de cuisine. Le lien entre oppression de la femme et de l’animal est passionnant. La chronique d’un livre pro-éleveur m’a fait beaucoup rire, la plume est acerbe.

Enfin, un dossier artistique photo, cinéma… Achève ce remarquable ouvrage, pas forcément en beauté, un peu bordélique et parfois facile.

A noter que la facilité de lecture n’empéche pas une véritable rigueur scientifique, avec des articles anottés, sourcés, utilisant des auteurs sérieux et crédibles, on est loin des délires new-age de certains magazines ou sites internets « bios »…

Un vrai plaisir que ce magazine, qui prouve qu’on peut-être ultra rigoureux sur l’anti-spécisme sans en oublier les autres oppressions (ce qui est logique, se cantonner à la simple dénonciation de l’oppression des animaux est absurde), en restant ouvert d’esprit, didactique, curieux. Le prisme végane est prétexte à l’étude de dizaines de sujets passionants, dans tous les domaines : histoire, sociologie, art de vivre, art, littérature… Pour tous les âges, genre, origines. A lire, à faire lire aux non initiés. Une superbe vitrine pour la pensée végane, ou plutôt les pensées véganes.

Editions La plage

Petit Pois Avril 2017

Rotten eggs smell terrible n°33

J’ai du mal à croire que REST n’en soit qu’au 33 tant il est productif et qu’on a l’impression d’avoir toujours connu ce fanzine. De plus Thierry est un ancien de la scène, cela se sent aux anecdotes, à la mise en page très DIY et à un ton général qui sent bon la chicorée et la gitane maïs sur la table en formica de la cuisine de papy. Cela n’empêche pas le rédacteur d’avoir les deux pieds bien ancrés dans la scène actuelle, principalement française.

On retrouve donc des interviews, avec le groupe de punk montreuillois « Julie Colère » , mes anciens de Torquemada, le batteur de King Salami et Baconstrip, les nantais de the Headliners (l’interview m’a fait pisser de rire), les légendaires Washington Dead Cats (pas passionnant) et pour moi la meilleure interview, Val. C’est une actrice de la scène du Havre, qui a fait des fanzines, un label et une boutique, a organisé des concerts… Fin 80/début 90. C’est vraiment chouette de se replonger là dedans, de voir ce que les gens arrivaient à faire avec peu de moyens et sans Internet, avec juste beaucoup de motivation et de passion.

Il y a aussi des nouvelles, y’en a une j’ai pas très bien compris, une autre marrante du mec de Fort Gono qui fume un pétard et part en vrille, et surtout une hilarante sur un mec à qui il manque une saucisse dans son cassoulet et qui décide de se venger du PDG de la marque… Je l’ai lue à mon mari en pleurant de rire, j’espère qu’il y aura la suite promise.

Sinon les habituelles chroniques disques/zines, Thierry a tendance à tout aimer mais au moins c’est éclectique. Mais c’est dommage de chroniquer des zines sans mettre l’adresse et le prix pour se les procurer. Et quelques news par Blam Blam. Bref, ça vaut largement les trois euros dépensés, c’est un super zine bourré de personnalité, d’humour et d’infos.

3 €chez Thierry Alcouffe, Mundodrama, BP17, 12450 LUC PRIMAUBE

Petit Pois, mars 2017